Par
virya
Le terme Kabbale vient de l
'hébreu "Kabbalah " qui veut dire "réception",
"tradition". Il désigne une mystique cherchant la relation intime et
directe avec
La tradition enseigne que Moise a
été le premier kabbaliste, car il a reçu (kibel) la
Parole divine sans intermédiaire. Il a choisi en son temps de fixer ce qu'il
avait "reçu" au moment où il était en parfaite "Kabbalah"
(réception), pour le transmettre ensuite. Ce moment s'est fixé dans des
interprétations qui l'ont limité en le figeant dans de multiples
interprétations. C'est pourquoi les kabbalistes font une différence entre la Torath moshé (la Torah que reçut
Moise) et la Torah ha Shem, la loi de Dieu. Le mot
hébreu Ha Shem veut dire "le Nom", le Nom
divin enfermant tous les noms. Il y a dans cette permutation, de Moshé (Moise)
en Ha Shem, un jeu de mot kabbalistique car Moshé
s'écrit en hébreu avec trois lettres (mem, shin, hé) qui inversées forment ha Shem
(hé, shin, mem). Ceci
faisant allusion au fait qu'en changeant le sens de lecture du texte, le réel
se manifeste dans son immensité.
Après la "réception" de
Moïse,
Un texte hébreu, le "Pirqué Aboth", "Les
sentences des Pères" commence ainsi: "Moïse a reçu la Torah sur le
Mont Sinaï Il l'a transmise à Yeshoua, celui-ci l'a
remise aux anciens, ceux-ci la communiquèrent aux prophètes et ces derniers la transmirent
aux membres de la grande communauté". Les textes reçus de la Kabbale sont
assimilés à un jardin secret. Ce domaine réservé de la Connaissance ésotérique
est désigné par les quatre lettres du mot "PARDES"
(en hébreu, ce mot a la même étymologie que Paradis, s'écrit avec quatre
lettres: pé, reish, daleth, sa-meck).
Chacune des lettres de ce mot est
l'ini-tiale des termes hébreux qui indiquent les 4
niveaux d'étude des textes reçus:
1 - PESHAT
"Sens littéral" d'une racine qui veut dire "simple". Ce
niveau de lecture concerne la simple compréhension des mots et traite des
choses simples du monde sensible.
2- REMEZ
"Allusion", "Insinuation", mais aussi "clin
d'oeil". Est un niveau plus élevé, d'où
3 - DERASH
Interprétation figurée", avec le double sens de "réclamer, exiger,
demander et commenter". Ce terme désigne la parabole, la légende, le
proverbe, etc.. C’est avec la démarche du DERASH que
le peuple d'Israël vint vers Moïse pour interroger Dieu "Lederash Elohim".
4 - SOD
"Le Secret". C'est le niveau ésotérique concernant la théosophie, la
métaphysique et la révélation des choses surnaturelles, secrètes et mystérieuses.
Ce texte veut nous dire qu'avant
d'atteindre le Sod une préparation graduée est
nécessaire. Il faut savoir que pour pénétrer le Sod
tous les problèmes psychologiques de la nature humaine doivent être réglés
définitivement. On peut considérer PESHAT et REMEZ comme une psychothérapie, DERASH
étant une sorte de psychanalyse ésotérique. Akiva put pénétrer le Sod du Pardés parce qu'il était H'akham
- Sage-, il avait réalisé les 7° degrés de la spéculation mystique, nombre qui
est aussi la guématria (valeur numérique) du SOD (60 + 6 + 4 = 70). Sur le terme PARDES,
H'ayim Vital précise: "le sens de l 'Ecriture est littéral, analogique et mystique. Celui-là
sera obligé de se réincarner tant qu'il n'aura pas accompli toute cette
tache." Ainsi, Pardès ne représente pas
uniquement des niveaux d'études mais de conscience, c'est le chemin qui mène
vers la réalisation de l’Etre divin.
La Kabbale offre différents
matériaux pour l'expérience de chacun.
Le principal outil est l'alphabet
hébreu dont les 22 lettres sont un vecteur de communication autant pour
"recevoir" que pour "transmettre". c'est la Kabbalath haothiot "La
Kabbale des lettres". Ces lettres, comme des miroirs, permettent à
Les 22 lettres sont l'essence du
Verbe créateur, de la Parole et sont le fondement de
symboles, des véhicules d'énergies
créatrices, ce qui n'enlève rien à leurs qualités. D'ailleurs, le terme hébreu
qui veut dire lettres: AUTIOTH, l’explique. En
hébreu, AUTH désigne une lettre, mais cette racine
veut aussi dire: Signe, Miracle, futur.
Le texte révélé de la Torah, connu
sous le nom de Pentateuque, est un gigantesque ballet d'énergies créatrices
sous la forme de permutations des 22 lettres de l'alphabet hébreu. La tradition
enseigne que ce texte peut être lu à 70 niveaux différents, des clés numériques
et des codes structurés permettent d'en pénétrer les secrets. Il est vrai que
ce texte lu au premier degré peut être vu comme un simple "roman" ou
comme référence d'un code de vie et de morale (bien que la morale y soit
parfois étrange). Nombres de passages y sont difficilement explicables à moins
que l'on en possède la clé pour changer le niveau de lecture. Ces clés sont les
valeurs numériques, les permutations de lettres, les abréviations de phrases,
et bien d'autres codages beaucoup plus subtils.
En voici un simple exemple: Le
livre de la Genèse nous parle de la vie d' Abraham et de Sarah, qui s'appellent
au début du texte Avram et Saraï
et qui ne peuvent avoir d’enfant ensemble. Dieu intervient et renomme Saraï, Sarah et Avram, Abraham,
le couple ainsi transformé Sarah peut enfanter. Ceci pousse les exégètes à des
commentaires complexes, alors qu'avec l'aide des valeurs numériques la
situation est évidente.
En effet, Saraï
s'écrit en hébreu Sameck (S), Reish
(R), Yod (Y) et Sarah Sameck (S), Reish
(R), Hé (H). Avram s'écrit Alef
(A), Beith (V), Reish (R), Mem (M) et Abraham Alef (A), Beith (B), Reish (R), Hé, H), Mem (M). Il suffit d'observer que le Yod (Y) de Saraï, dont la valeur numérique est
Mais la Kabbale n'est pas seulement
une voie spéculative, le Kabbaliste doit aussi passer beaucoup de temps à
l'intérieur de lui-même pour se découvrir et réveiller sa H’OKHMAH,
sa Sagesse.
La Kabbale est la voie de
réalisation de la H’okhmah nitsarah,
la Sagesse occulte. Cette H’okhmah, Sagesse, n'est
pas une simple conception philosophique abstraite, mais une réalité première
dont le but ultime est la réintégration divine. Le mystique se doit d'orienter
ses efforts en permanence vers ce but divin, sans jamais défaillir.
Il est nécessaire de bien
comprendre ce qu'est
"La H’okhmah
est un réceptacle illimité qui a la particularité suivante, PLUS ON LE REMPLIT,
PLUS IL PEUT ÊTRE REMPLI". C'est toute la différence qui existe entre le
monde matériel et le monde divin et tous les maux qui frappent l'humanité en
tirent leur source.
Un réceptacle de nature matérielle
est systématiquement limité: si on remplit un verre d'eau, lorsqu'il est plein
il déborde, de même si l'on mange, aussi grande soit notre faim et notre
gourmandise, la capacité du corps est limitée. Par contre, on peut «manger des
yeux" et là notre capacité est seulement limitée par l'imagination mais
limitée tout de même. En passant dans le domaine de l'esprit, notre capacité
est démultipliée.
A la différence de tout ceci, la H’okhmah suprême ne connaît aucune limitation. Car plus elle se
remplit et plus elle peut être remplie; systématiquement, le contenu se
transforme en contenant. Le mystique qui a réalisé la H’okhmah
selon (Sagesse suprême), vit en perpétuelle expansion de conscience et inonde
le néant de sa lumière, ceci à l'image du cosmos tout entier.
La kabbale appelle aussi la H’okhmah Moh'a, le cerveau, car
notre cerveau est le reflet de
Les niveaux d’existences se
limitent les uns les autres, en général (c'est-à-dire si on ne fait rien pour
que ça change) la matière limite l'esprit en agissant en ancre marine; c'est la
loi d'involution. Un cerveau, aussi agile soit-il, ne pourra correctement se
développer si le corps qui le porte se limite à ses instincts, ou s'il est trop
faible pour aller vers le savoir. De la même manière, l’âme ne s'épanouira pas
correctement si le centre de gravité existentiel descend trop profondément dans
Pour les kabbalistes, le néant
porte le nom de Ein, c’est-à-dire "rien".
La fin de ce néant c'est l'Ein soph,
la fin du néant, soit l'infini. Mais il faut comprendre que l'Ein est personnel. Nous avons tous notre propre néant. Il
commence où notre autolimitation nous arrête, après nous ne pouvons ni
concevoir ni comprendre, donc c'est Ein. Imaginons un
être qui se dirait: " Je ne suis que ce corps de chair, au-delà de ma
forme rien n'existe ". Le néant de ce personnage commencerait pour ainsi
dire "à fleur de peau". Ceci est un cas extrême mais, si on y prête
attention, nous nous comportons tous ainsi à différents stades.
La plus courante des autolimitations
est l'identification à sa petite personnalité, ce fameux "Moi je" qui
fait tant de ravages sur cette planète, bien trop petite pour contenir un seul
ego. Ce dernier répond à une loi bien particulière. Plus il gonfle et plus on
devient petit et ridicule. Ici, le néant commence après que l'on ait dit
"moi" ou "je" et de nombreuses qualités se font étouffer
par cette exaltation de ego. La petite personnalité, dans ce cas, n'est pas un
réceptacle évolutif et n'étant pas harmonieuse, elle a besoin pour se nourrir
de forces lourdes telles que: la vanité, l’orgueil, l’envie, la jalousie, etc... et ce, au détriment de l'amour, du sentiment de
l'unité, de l’humilité et de l’harmonie.
L'identification à la petite
personnalité, bien que difficile à maîtriser l'une des autolimitations les plus
faciles à repérer avec un peu d'honnêteté et de recul. Mais la vie de tous les
jours montre que les autolimitations sont innombrables et dérivent les unes des
autres. on peut rencontrer au hasard des situations, l’identification raciale,
politique, religieuse, philosophique, nationale, planétaire, etc...
L'autolimitation arrête la possibilité
d'évolution et de dépassement. Il est donc nécessaire de garder une constante
réceptivité de manière à participer à l'expansion. C’est là, le véritable sens
de "Kabbale", en tant que réception. Recevoir la lumière divine afin
de repousser les limites du néant et surtout ne pas se laisser enfermer, de
manière à ce que le néant ne nous désagrège et ne nous réduise progressivement
à rien.
Au commencement, il n'y avait que Ein, néant ou non-être, formé des trois lettres hébraïques Aleph-yod-noun, qui permutées en Aleph-noun-yod,
forment Ani ou "moi". Ceci pour révéler que le néant, aussi profond
soit-il, enclôt une présence,
Au commencement Ein
emplissait tout et tout était Dieu. Mais si Dieu est tout, donc tout est
parfait, alors comment expliquer le chaos et la dysharmonie dans laquelle la
création vit ? Et comment tout cela s'est-il produit ? Pour répondre à ceci,
Isaac Louria, kabbaliste palestinien du XVIème siècle, révéla la doctrine du Tsimtsoum
(Restriction, veut aussi dire diaphragme) dans laquelle Dieu emplissant tout, dut, pour se manifester, se retirer d'un endroit de son
immensité et créer un vide dans son Ein. Par une
rétraction et contraction d'une partie de ce Ein, une
limite fut donc établie et porta le nom de Soph
(Fin), la fin du néant, Ein Soph,
c'est-à-dire l'Infini; il y eut réalité et existence, Yèsh
en hébreu Cette création ex-nihilo porte, en hébreu,
le nom de Briyah yèsh méayin "Création de l'existence issue de rien".
Le Tsimtsoum
créa un vide par la rétraction et la contraction simultanées qu'il provoqua et
la partie du néant concernée se rétracta en un seul point, dense et inconnu. Il
est difficile d'imaginer un point de non-être qui, bien qu'inconcevable, soit
existant et réel.
Ce point est le yèsh
(l’existence, la réalité, un quelque chose) à l'origine de tout, la source de
toute
D'ailleurs, ceci est prouvé par le
mot hébreu formé par l'association Aleph Noun: An,
"où ?". Ce Yod enclos dans une question montre bien que Ein n'est pas l'inexistence mais l'inconnu.
Cette dernière étape terminées Dieu
revint dans un acte de création et de formation, en projetant un rayon de sa
lumière (aur en hébreu) dans l'Ein
soph, qui s'emplit de cette lumière infinie, en
hébreu Eym soph Aur. Le rayon frappa yèsh qui
éclata en 22 étincelles dispersées dans l'Ein Soph. Ces 22 étincelles sont les forces, énergies
indispensables au développement de la création, en quelque sorte les 22
chromosomes cosmiques.
Ces 22 forces fondamentales se sont
unies les unes aux autres pour faire naître de nouvelles forces énergies, à la
manière d'une toile tissée aux maillages multiples, mais tissée par un seul et
unique fil continu.
Ce fil est le rayon de lumière
divine d'Ein Soph Aur et ce processus de création et d'expansion démontra qu'Ein Soph est le premier
réceptacle répondant à cette grande
loi cosmique: "Plus on remplit et plus on peut remplir". Les 22
lettres de l'alphabet hébreu, lorsqu' elles se combinent sur une page, suivent
le même processus d'énergie que la lumière de l'Ein Soph. L’humain lui aussi est à l'image du processus car si
l'on se réfère au livre de la Genèse, il est dit: "et il fit l'Adam dans
son image et en sa ressemblance..."* Etrangement,
les commentateurs bibliques ont toujours cherché, dans ce verset, l’affirmation
que la forme de l'humain est celle de Dieu. Mais si on suit le processus de
création décrit par le texte de la Genèse, à aucun moment il est dit que Dieu a
un nez, des oreilles, des bras, etc... On sait
seulement qu’il a une Rouah, un souffle créateur.
Avant qu' Adam ne soit formé, l’image existante était celle du cosmos.
Nous sommes donc à l'image du
cosmos et répondons au processus d'évolution et d'expansion (en tant qu'Adam).
A travers les âges et les traditions, l’humain a toujours cherché à faire Dieu
à son image et ceci développe l'orgueil et
Au moment de l'acte créateur, Louria dit que certains réceptacles ne furent pas assez
solides pour recevoir
astres et toutes les créatures.
L'harmonie de l'Adam qadmon mâle et femelle fut donc
brisée elle aussi. A cette image, la création entière fut expulsée du principe
d’harmonie symbolisé par le jardin d'Eden.
Le but du kabbaliste, comme tous
les mystiques, est de retrouver cette harmonie perdue, de réparer cet accident.
La réparation des brisures originelles dépend de l'effort de la plus infime des
créatures. En raison de la chaîne hiérarchique évolutive, la responsabilité de
l'humain est fondamentale dans cette réaction. Il appartient à chacun de nous
de réparer les brisures révélées dans notre nature par nos défauts, tous ces
travers qui représentent le plomb de l'âme. La
kabbale est une véritable alchimie
spirituelle par laquelle la substance constituant nos imperfections est
transformée en qualité lumineuse.
La brisure des réceptacles a
obligatoirement fait des résidus, que l'on appelle "Klipoth",
coquilles. Ces Klipoth représentent toutes les forces
involutives de l'univers, l’anti-lumière du cosmos. Chaque Klipah
selon sa force est une dévoreuse d'Ein Soph Aur (lumière divine). Après
la brisure, un éternel combat a pris naissance, celui de la lumière et des
ténèbres et il est à noter que l'on dit «la lumière" car elle est unique
et ‘les ténèbres" qui sont diverses. En nous, une klipah
est une force involutive poussant à sombrer dans l'inertie et
S'appuyant sur le fait que «La
nature a horreur du vide", détruire une klipah
n'arrange rien car on ne fait qu'accentuer
Il faut toujours se souvenir qu'un
sage qui s'illumine libère des germes de lumière divine qui favorisent l'éveil
de milliers de justes car le grand fil a été réparé en un endroit. Nous
dépendons tous les uns des autres et si l'on se laissait aller vers le sommeil
des Klipoth, nous nous comporterions alors comme un
boulet pour les forces de
La première lettre du texte révélé
à Moise est un Beith (B), la dernière un Lamed (L). Ainsi la révélation s'est faite de Beith à Lames, qui forme Bal, l'âme universelle. La voie de
réintégration divine, passe par le mouvement inverse de Lamed
à Beith qui forment Lév, le
cœur.
La kabbale nous demande de
découvrir en nous le monde futur, Olam haba, disons le Nouvel-Age.
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